Une victoire endeuillée
Le football, c'est joyeux. Et celui de l'OM l'est tout particulièrement cette année. Et quand l'OM gagne, la joie est encore plus grande, partagée par des supporters plus nombreux qu'ailleurs en France.
Mais hier soir, la joie ne pouvait pas être totale, elle ne pouvait qu'affleurer au-dessus d'un océan de tristesse et d'amertume. La victoire est belle, elle est convaincante, elle est utile mais elle a été endeuillée bien avant le match, bien avant l'arrivée des équipes au stade Jules-Deschaseaux, par la mort de deux supporters, les graves blessures d'une autre quinzaine d'entre eux.
Ce ne sont pas seulement les MTP (déjà frappés mortellement par la disparition de leur leader, le fameux Depé à l'été 2000), mais tous les supporters, groupes ou simples particuliers qui ont été touchés par ce drame. Car chacun avait ou pouvait avoir un ami, un fils, le fils d'un ami dans ce car maudit. Mourir en allant voir un match de foot, ce n'est pas plus cruel que de mourir sur la route des vacances
« Tenez bon les gars ! »
Il arrive parfois qu'un stade de football, lieu de fête et de communion, devienne cathédrale. Un espace où silence et recueillement prennent le dessus. Où l'enjeu d'un match, avec vingt-deux acteurs se disputant un ballon, passe subitement au second plan.
« Bon courage... Je sais que c'est compliqué... Tenez bon les gars ! » Pape Diouf, n'a pas pu retenir ses larmes lorsqu'il est allé à la rencontre de, ceux qui, de puis Marseille, avaient effectué le lointain déplacement en Haute Normandie.
Dans leur tribune, aux tentures noires e, signe de deuil, les supporters phocéens ont fait corps. Le message de Pape Diouf est aké droit au c½ur de ceux qui n'arrivaient pas à évacuer leur chagrin. Pleurer peut parfois faire du bien. C'est ce qu'ils ont fait, sans honte. Parce que son des potes qu'ils ont perdu.
Quant au match face au HAC, il n'était plus qu'un phénomène annexe.